Etre auteur, c’est quoi?

Etre auteur, c’est quoi?

Gros plan sur les yeux, une mèche qui tombe, le défilé de la rangée d’ arbres pendant un trajet en calèche ou en train, avant de découvrir, devant les yeux du spectateur happé par l’histoire, la scène finale. 

C’est dans cette perspective que vous devez vous placer: celle du réalisateur, celui qui orchestre tout le film, même si vous n’avez pas l’ambition de voir un jour votre roman adapté au cinéma. Toute votre écriture, vos scènes, vos décors, les costumes, l’attitude de votre personnage etc. doivent être construits de manière à happer votre lectrice ou votre lecteur (votre spectatrice ou votre spectateur) dans votre histoire.

Quand on écrit un roman et que l’on se donne pour mission de “filmer” son histoire, on est tout à la fois. On est tous les acteurs, le costumier, le maquilleur, le script et, surtout, le réalisateur. 

Or, quand un réalisateur décide de se lancer dans un projet de film, il réunit toutes sortes d’artistes aux compétences spécialisées. En effet, cameraman, ingénieur du son, ingénieur de la lumière, acteurs, scénaristes, costumiers, décorateurs, etc… constituent la sphère du réalisateur. C’est un métier infiniment complexe. 

Un auteur est donc comme le réalisateur: un conducteur, un directeur. Dans une conférence de presse à Montréal, Isabelle Adjani révélait qu’à son sens Jean-Paul Rappeneau était le meilleur directeur qu’elle ait jamais rencontré. Car il se mettait à la place de chacun des spécialistes, y compris les acteurs. C’est ce qui fait un auteur, même si les scènes ne sont couchées que par écrit, et non pas immortalisées par une image. L’auteur se place en cameraman, décide des prises de vues, des costumes, de l’expression des acteurs. Il décide des intonations, de l’ordre des scènes, du moment où il va placer la chute. L’auteur organise aussi la structure de son œuvre, en flash back, linéaire ou diapason. Il jauge l’endroit où il va couper les scènes. De la même manière, il choisit des bandes sonores avec lesquelles il va capter son lecteur. Ne soyez donc pas surpris que je prenne pour exemple des films ou séries autant que des romans, car, pour l’un comme pour l’autre, la réussite dépend de l’écriture.

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